13 décembre 2010

Les claquettes (3) - de la sueur et du plaisir...

Vous ne devinerez pas la première pensée qui m'est venue dimanche, après mon heure de claquettes?...
Rien à voir ni avec WW ni avec les claquettes mêmes, c'était très prosaïquement: "pffff, il va falloir que je retourne chez la coiffeuse!" Ma mèche est devenue beaucoup trop longue, elle retombe désormais trop facilement sur les yeux... et ce dimanche, avec la transpiration, elle gouttelait comme un vêtement mal essorré. Je ne sais même pas si c'était moche ou pas, mais c'était particulièrement énervant!

Entendez-moi bien: j'aime beaucoup aller chez ma coiffeuse, j'ai d'ailleurs assez longtemps cherché quelqu'un qui n'essaie pas de me faire une choucroute à chaque séance; qui comprenne que je déteste la laque (l'odeur me rend malade, c'est dire!) et s'en rappelle d'un rendez-vous à l'autre; qui accepte que je souhaite quelque chose de naturel sans s'en offusquer; qui connaisse mes cheveux épais et spontanément ondulés sans me chercher 1.001 origines d'un quelconque pays du Sud (quand bien même j'en aurais, je n'en sais rien moi-même! et puis quoi?) - et surtout, surtout, qui a eu la patience de ma maquiller (!!) le jour de mon mariage, sans sourciller, jour où même moi j'avais décidé que je devais... moi qui ne supporte rien, mais alors absolument rien, et qui ai les yeux larmoyants rien qu'en voyant une fille se remaquiller dans le métro (ça arrive tous les jours désormais!)!
Bref, j'aime aller chez ma coiffeuse, mais ces derniers temps c'est devenu une expédition en famille, avec Robin qui a hérité de mes cheveux incoiffables, tendance Harry Potter (avec des épis partout, toujours ébouriffés, sauf quand ils sont suffisamment courts...), et zhom qui, à cause de son crâne dégarni, ne peut pas les laisser trop pousser là où il en a encore, sinon c'est vraiment très moche (à mon goût!). Et une expédition en famille, ça ne s'improvise pas: il faut trouver la bonne heure, entre le sport du samedi de zhom, les courses hebdomadaires (aussi le samedi!), la sieste de Lucile et le goûter des deux... Bref, je ne peux plus vraiment décider d'y aller sur mon temps de midi, ou alors, ce sera pour y retourner et attendre, désoeuvrée, que Robin veuille bien que j'arrête de lire les revues mises à disposition avec lui, et surveiller que Lucile ne se lance pas intempestivement dans leur escalier d'accès, hyper-raide!

Tout ça m'éloigne des claquettes...
Je disais donc: oui, toujours, j'adore! Je confirme qu'il n'y a aucune doute sur l'intensité de l'effort physique, je me dis parfois que c'est parce que j'exagère et qu'il n'y a pas vraiment besoin de se fatiguer autant... Pour le dire peut-être autrement: il arrive fréquemment que, quand on vient d'apprendre un nouveau pas, Grégoire divise (virtuellement) la salle en deux, et chaque groupe répète et re-répète le pas à tour de rôle. Moi qui croyais, sans doute très naïvement, que c'était pour nous permettre de nous reposer un chouïa de temps en temps, de permettre au coeur de reprendre un rythme presque normal, voilà qu'il nous a expliqué l'autre jour que c'est surtout pour ne pas répéter le pas machinalement, mais vraiment être obligé de le reprendre à chaque fois au bon endroit, en rythme; de refaire la "démarche" et ainsi de mieux le "fixer". Pff, j'ai l'impression d'expliquer ça très mal, mais vous comprenez l'esprit j'espère! Et avec tout ça, je me dis que j'ai été bête d'avoir voulu me reposer de temps en temps pendant le cours, ah ah! Et donc, je me fatigue encore plus...

Bon, un autre aspect, c'est aussi qu'on a commencé à mettre bout à bout plusieurs parties vues séparément depuis le début du cours, et ainsi refaire et refaire encore, peu à peu, une petite chorégraphie. C'est vraiment trop génial, moi j'adore! c'est incroyable, je m'amuse comme une petite folle, même si c'est parfois difficile, que mon problème récurrent de concentration me joue parfois des tours, et que du coup je n'arrive pas à me détendre tout à fait... Quand j'y arriverai, si j'y arrive vraiment un jour, j'oserai peut-être dire que "je danse", au lieu de dire plus scolairement que "je suis des cours de claquettes"?...

C'est trop génial, et en même temps ça me fait mal, toute cette musique qui se bouscule en moi. Quand je pense qu'à une époque, j'aurais voulu faire carrière là-dedans... J'aurais peut-être même pu, si seulement je m'en étais donné les moyens; si seulement j'avais su par où commencer, comment m'y prendre pour les trouver, ces moyens... Ce n'est pas tant que je regrette fondamentalement la vie que j'ai actuellement! Je suis, certes, professionnellement très insatisfaite, mais avec un salaire très satisfaisant. Et puis, dans une autre vie, je n'aurais probablement jamais rencontré zhom et eu avec lui mes deux amours d'enfants que j'adore par-dessus tout! Mais la musisque m'habite depuis (presque) toujours, ces dernières années je l'ai en quelque sorte "refoulée", enfermée au fond de moi, en sachant qu'elle existe et sans vouloir vraiment la cacher, mais maintenant elle cherche à ressortir presque violemment, et ça fait mal...

Est-ce pour ça que je me suis sentie un peu mal à l'aise, quand Grégoire nous a fait un cours de solfège basique de chez basique, pour expliquer un truc rythmique qu'il voudrait nous voir reproduire avec les claquettes? (ce qui, on s'en doute, est une toute autre histoire!) J'avais l'impression d'être replongée plus de 20 ans en arrière, dans un mélange d'excitation et de douleur... Hum, c'est un peu difficile à exprimer "sobrement"... Mais quand même: j'ai terminé les années alors obligatoires de solfège en 1987 (j'avais 15 ans), j'ai commencé le chant un ou deux ans plus tard, pour refermer à peu près définitivement la housse de ma clarinette il y a une dizaine d'années.
Et tout cela re-bouge désormais, avec mes chères claquettes; avec Robin, aussi, qui nous a décrété la semaine passée, très sérieusement, qu'il allait jouer du violon et de la guitare "comme les enfants dans son école". Il n'a que 3 ans et quelques mois, et il a déjà repéré, avec intérêt, que les cours de l'académie de musique de notre commune se donnent dans les locaux de son école... Mon Robin hyper sensible, et depuis toujours, visiblement, très "inspiré" par la musique. Oh! je ne voudrais surtout pas me "décharger" sur lui et lui faire faire, consciemment ou non, ce que je n'ai pas pu faire moi-même. Mais quand même: s'il se dirigeait vers la musique (très) sérieusement, je serais plus que comblée! ;-)

Je vais arrêter là, je m'éloigne beaucoup trop de WW ainsi.
Quoique... Au moins ça "prouve", si besoin est, qu'un régime WW, c'est aussi bien plus qu'une simple perte de poids, et même bien plus qu'une rééducation alimentaire. Chez moi, ce sont des choses bien plus fondamentales, bien plus personnelles qui sont profondément remuées... Enfin bon, tant que la perte de poids est là aussi, de quoi me plaindrais-je?

Posté par dominiquen à 16:13 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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